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Benoît Hamon meets French People

Chaï Chaï Films shoots portraits of the people of  France that Benoit Hamon meets when he crosses the country’s paths. A photograph and a humanist interview that are like a testimony from the ones who really make France be what it is.

« La culture régionale ça n’enferme pas, ça ouvre. »

En marge d’un déplacement à Trébeurden (Côtes d’Armor)

– Bonjour, c’est vous que Benoît Hamon vient voir pour parler des sables marins ?
– Ah non pas du tout, nous on s’occupe de migrants.
– C’est-à-dire ?
– Après la fermeture de Calais, on a appris que notre commune recevrait des migrants. Quelques habitants ont écrit à la presse pour se plaindre et le FN a appelé à manifester. Ça m’a énervé et j’ai créé un groupe Facebook appelé « Les gens heureux… d’accueillir des réfugiés à Trégastel & Trebeurden ».
– Et… ?
– Et bien à la manif FN ils étaient 40, une seule fois. Et nous on mobilise des centaines de bénévoles depuis le mois d’octobre.
– Racontez-moi ça.
– Derrière moi vous avez La Maison de la Mer, un espace municipal qui nous sert de permanence, on y donne des cours de français, il y a des jeux de société, un babyfoot… Et on a lancé un principe de parrainage où chaque migrant est parrainé par un citoyen et un élu.
– Et ça marche ?
– Ça marche super bien ! Les parrains et leurs filleuls passent des moments très privilégiés. Ces migrants sont pour la plupart de jeunes hommes, principalement des Afghans et des Soudanais, qui sont arrivés cassés. Maintenant ils vont mieux, ils parlent un peu le français et nous apprennent leur langue. Et ils sont très attachés à la Bretagne ! Ils sont tous les samedis en fest noz !
– Trop drôle, comment ça se fait ?
– La musique bretonne incorpore depuis longtemps des influences du monde entier, il faut croire que ces sonorités résonnent chez eux.
– Et ceux qui craignaient leur arrivée ?
– On ne les entend plus. En même temps, faut être logique. Ici, l’été, la population décuple, ça dérange personne. Donc c’est pas 50 personnes en plus pendant 5 mois qui vont changer quelque chose.
– C’est bien dit.
– Les gens sont accueillants parce qu’ils ont une double identité, française et bretonne. Dans le coin, 20 à 30% des gens sont bilingues. La culture régionale ça n’enferme pas, ça ouvre. On comprend d’autant mieux ces réfugiés qui cherchent à s’approprier la culture française tout en restant eux-mêmes, avec leur histoire.

 

Production : Chaï Chaï Films
Photographie : Jonas Pariente
Interview : Jonas Pariente